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La Mauritanie |
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Carte d'identité de la Mauritanie |
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| Population: 2 500 000 Habitants
Superficie: 1 025 000 km2 |
Capitale: Nouakchott
Langue officielle: Arabe |
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Nous voici donc à Nouakchott, ville plantée au milieu du désert, à
plus de 70 km de premier point d'eau.
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Sokhna Ly Ba responsable de la MAFEC |
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Nous venons rencontrer une femme, Sokhna Ly Ba qui a rassemblé autour d'elles des centaines d'autres femmes de la région dans une seule optique: leur donner dans un premier temps les moyens de subvenir à leurs besoins vitaux et leur permettre par la suite de mettre en place une activité rentable. En adaptant les méthodes traditionnelles de la communauté Pulaar au besoins modernes, Sokna Ly Ba a créé la M.AFEC, une institution de micro finance qui a eu beaucoup de succès depuis son commencement en 1994. Présentation de la Mutuelle des Associations Féminines d'Épargne et de Crédit (MAFEC)
Présentation de la MAFECOrigine et historique…La "tontine", pratique symbolisant bien l'esprit d'entraide des africains, est le point de départ de toute cette aventure. C'est une sorte de caisse d'épargne entre amis ou voisins. Les membres d'une tontine mettent en commun une certaine somme d'argent et chacun à son tour en fin de mois en empoche la totalité. Aucun papier n'est signé, toutes les relations sont fondées sur la confiance. Et puis c'est l'occasion de se retrouver et de s'épauler. La tontine peut aussi bien remplir le rôle d'une sécurité sociale que servir à prendre en charge des initiatives comme la construction d'une école dans un village. En Mauritanie et en particulier dans la région de Nouakchott ce système a été très utilisé jusque dans les années 90. Un groupe de quartier se retrouvait chaque mois à l'ombre d'un arbre pour exprimer ses besoins, faire part de ses difficultés ou expliquer ses projets. La M.AFEC a été créé sur la méthode traditionnelle des tontines. Elle est agréée depuis 1994 par la Banque Centrale de Mauritanie. La Banque Africaine de Développement a donné le premier investissement extérieur sous forme de prêt sans intérêt. Chaque membre devient une propriétaire partiale de l'institution. Comme des propriétaires, les membres sont étroitement concernés dans la gérance de l'institution, et s'assureront que la comptabilité est transparente et efficace. M.AFEC a débuté en prêtant les fonds cotisés par ses membres, et les frais administratifs ont été réduits autant que possible. Le bénéfice des intérêts des prêts est la seule source de revenu pour payer les frais. Pendant que M.AFEC s'élargit, ces sources sont toujours les fonds les plus importants.
Objectifs de M.AFEC· Favoriser la solidarité et la coopération entre les membres · Faciliter l'accès des femmes au crédit · Mobiliser l'épargne féminine et décourager la thésaurisation · Contribuer à la prévention de la paupérisation féminine · Promouvoir l'éducation économique et sociale de ses membres: notamment l'accès aux nouvelles technologies de l'information
Son fonctionnementLa M.AFEC regroupe aujourd'hui quelques 386 femmes de tout âge, de milieu social différent. Des groupes de 20 à 30 femmes d'un même quartier sont constitués, chaque groupe étant relativement homogène (même tranche d'âge, mêmes origines villageoises ou de quartier ou cousinage etc.). Chaque groupe a désigné en son sein une des membres (considérée comme plus expérimentée ou sage) qui veillera plus particulièrement à la bonne marche du groupe et à la discipline des remboursements : c'est la " Mère sociale ".
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L'assemblée annuelle de la MAFEC |
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La vie du groupe, c'est essentiellement son assemblée mensuelle: c'est à la fois une fête ( on retrouve les amies, on échange les nouvelles, on se moque des uns et des autres, on parle de ses projets et de ses problèmes etc.), et l'occasion de faire circuler l'argent. Chacune en effet dépose son épargne mensuelle de 1 000 ouguiya soit environ 3€ (auxquels on doit ajouter 100 ouguiya pour alimenter un fonds de solidarité). La somme (entre 300 000 et 400 000 ouguiya) va alors être redistribué à quelques groupes sous forme de crédits de 6 à 18 mois d'un montant moyen de 100 000 ouguiya (env. 330 €). La mère sociale va ensuite redistribuer le prêt accordé aux membres de son groupe. S'il y a surnombre de candidates à l'emprunt, il y aura un ordre de priorité (en fonction de la date du précédent emprunt, de la discipline de remboursement observé, de l'assiduité aux réunions etc.) puis tirage au sort s'il le faut. Celles qui reçoivent le prêt font recompter les billets par deux ou trois voisines, pour être sûr… Elles devront rembourser la somme à l'échéance, plus un intérêt de 15% (c'est-à-dire un intérêt réel peu élevé compte tenu de l'inflation). Cela permet à chaque membre de disposer de temps en temps d'une somme non négligeable qu'elle ne pourrait en aucun cas obtenir des banques traditionnelles et qu'elle pourra faire " travailler " avant de le rembourser. Que va faire l'emprunteuse ? Elle va selon sa spécialité acheter du tissu, le teindre et le revendre, ou confectionner des vêtements et les vendre, ou aller au village ou dans un pays voisin acheter des marchandises et les revendre etc. et répéter l'opération plusieurs fois durant la durée de son emprunt. Quel est le degré de discipline dans le remboursement des prêts ? Entre 96% et 100%. Autant dire que le risque est très réduit pour ce type de Mutuelle par rapport aux normes du crédit commercial bancaire. Cette discipline s'explique par les liens de quartier, de parenté etc. qui lient les membres et par la conscience de chaque emprunteuse que d'autres attendent son remboursement pour obtenir à leur tour un crédit. Certaines Mutuelles organisent des moyens de pression plus subtils. Par exemple, inclure dans chaque groupe une femme " griot " qui sera chargée de faire savoir à tout le quartier le mauvais comportement financier de une telle ou une telle (la honte !) ou, au contraire d'ébruiter une bonne réputation… Cela s'avère un moyen très efficace.
Difficultés rencontrées:Il est indéniable que la M.AFEC rencontre aujourd'hui des difficultés de gestion du fait d'un nombre de membres toujours plus important. La gestion d'une Mutuelle consiste à enregistrer toutes les opérations d'épargne comme de crédit. Il s'agit donc d'opérations simples. Lorsque la Mutuelle est de petite taille, une ou deux membres s'en chargent aisément. Mais dès le moment où l'on atteint les 50, 100 membres ou plus, la charge de travail devient plus lourde et les outils traditionnels (crayon-papier ou tableur Excel) deviennent insuffisants. La gestion deviendra encore plus sophistiquée lorsque la M.AFEC décidera qu'elle est en mesure de servir un intérêt à l'épargne accumulée par chacune. Ces problèmes de gestion deviennent des freins pour la M.AFEC. Le même type de problèmes se pose pour toutes les démarches administratives liées à une demande d'aide ou de prêt, qui nécessitent la constitution de dossiers souvent complexes.
Perspectives 2003· Élargissement du champ d'intervention: volonté de suivre de plus près les groupes de femmes vivant en zone rurale, notamment dans la région de Bogué, au sud du pays, le long du fleuve Sénégal. Dans cette région près de 1600 femmes bénéficient d'ores et déjà du micro crédit mais le suivi de la M.AFEC y reste insuffisant. · Renforcement des capacités des membres, des organes et du personnel: nous avons organisé une première étape de formation qui ne doit pas être la dernière. · Recherche de nouveaux partenaires
L'apport de l'association Tactique EthiqueQuel rôle avons nous voulu jouer au sein de la M.AFEC ? Notre volonté étant d' apporter une solution à ces problèmes de gestion, nous avons concentré notre travail sur les deux axes suivants: la création de tableaux de gestion des crédits et de l'épargne et une formation des mères sociales à l'informatique
Ces tableaux spécifiques à chacun des dix huit groupes établissent
la situation de chaque membre à tout moment. Ils reprennent les crédits
en cours, les remboursements effectués, l'épargne accumulée, les
cotisations sociales versées, les crédits en retard. Jusqu'à présent,
toutes ces informations étaient saisies sur plusieurs fichiers rendant
très difficile un aperçu global de la situation des groupes. Notre
démarche a consisté à réunir toutes ces données et à en faciliter l'
accès.
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Remise du matériel informatique |
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Cet instrument ne peut cependant être utilisable si les mères
sociales n'en comprennent pas son fonctionnement. Avant la formation,
seules quelques membres pratiquaient les logiciels Word et excel.
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Séance de formation à la MAFEC" |
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Le deuxième volet de notre travail a donc été de former les mères sociales à l'informatique.
Nous avons organisé pour 10 "mères sociales" des séances
de formation aux outils de base informatique. A chaque fin de mois ces
"mères sociales" remplissaient pour leur groupe une fiche
récapitulative des prêts accordés, des remboursements effectués et des
cotisations de chaque membre. Chaque fiche était ensuite saisie par
l'équipe dirigeante. L'objectif de notre formation a été de permettre
une saisie informatique par ces femmes des données mensuelles propres à
leur groupe. Désormais 10 "mères sociales" peuvent saisir elles-mêmes
les données dans le nouveau tableau et rédiger un texte sous Word, allégeant
ainsi la tâche des dirigeants et permettant une gestion plus proche des
membres. A l'heure de notre départ, 10 "mères sociales" n'ont pas encore été formées. Nous avons donc passé le flambeau à un volontaire américain du "corps de la paix"…Tactique Éthique embauche à l'international.
Des expériences concrètes
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Aïssata Abdullah BA, vendeuse de tissus |
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Aminata, "exportatrice" d'aluminium.Suite au décès de son mari, Aminata s'est retrouvée du jour au
lendemain sans les moyens de subvenir aux besoins de sa famille. N'ayant
pas accès au système bancaire, faute de garantie, sa seule possibilité
lui semblait être l'emprunt auprès d'usuriers peu scrupuleux et ceci à
un taux inacceptable de 300% l'an. Sa rencontre avec une membre de la
MAFEC lui permit de réaliser un projet viable et de retrouver une
situation financière saine.
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